L´ONU rappelle que la violence basée sur le genre affecte une femme sur quatre en Haïti et que l´égalité entre les sexes est cruciale pour le développement

Les Nations Unies soutiennent les autorités nationales dans le lancement des 16 Jours d´Activisme contre la violence faite aux femmes autour des thèmes ‘‘Ak lalwa, n ap konbat vyolans sou fanm ak tifi’’ et ‘‘Patisipasyon fanm=Ayiti djanm’’

IMG_4333La Représentante spéciale du Secrétaire général (RSSG), Susan D. Page, lors d' evenement du lancement au Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) avec les répresentants de trois ministères.

 

Port-au-Prince, le 24 novembre 2016- À l´occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (25 novembre), les Nations Unies en Haïti ont accompagné le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) dans le lancement des 16 jours d´activisme contre la violence basée sur le genre. Cette période sera marquée par un programme d´activités qui invite également à la réflexion sur le rôle des femmes comme acteurs clés du développement durable.  « L´autonomisation et la matérialisation des droits des femmes sont des impératifs pour accomplir l´ensemble des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030 et l´objectif d´Haïti de devenir un pays émergent à l´horizon 2030 », a indiqué la Représentante spéciale du Secrétaire général (RSSG), Susan D. Page.   

 « C’est la responsabilité de tous et de toutes de prévenir et d’éliminer la violence sexiste qui affecte au moins une femme sur quatre en Haïti. Le financement des efforts pour l´autonomisation des femmes est crucial pour la prévention de la violence sexiste, ainsi que pour le développement. L’expérience montre que les pays qui investissent dans l´amélioration de la situation sociale et économique des femmes deviennent plus prospères et plus résilients pour faire face aux désastres naturels et aux crises, et pour les surmonter », a ajouté la RSSG.

À cet égard, les Nations Unies réitèrent leur soutien aux efforts de mise en application du Plan National d’Égalité Femmes-Hommes et du Plan National de Lutte contre la violence faite aux Femmes 2017-2027. 

En appui du thème international «Ne laisser personne de côté : Mettons fin à la violence à l’égard des femmes et des filles» et des thèmes nationaux‘‘Ak lalwa, n ap konbat vyolans sou fanm ak tifi’’ et ‘‘Patisipasyon fanm=Ayiti djanm’’, le calendrier des 16 jours d´activisme se déroule cette année autour de cinq journées clés : le 25 novembre (Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes), le 1er décembre (Journée mondiale de lutte contre le Sida), le 3 décembre (Journée internationale des personnes vivant avec un handicap), le 5 décembre (Journée internationale des volontaires) et le 10 décembre (Journée mondiale des droits humains).  

La campagne propose plus d´une vingtaine d´activités diverses telles que des ateliers de sensibilisation, des projets artistiques, des discussions avec des jeunes leaders, un match de football d´une équipe des Nations Unies avec la sélection nationale féminine sub-17 et des actions de plaidoyer pour la santé sexuelle et reproductive, ainsi que pour la prévention des maladies telles que le Sida.

La couleur orange sera à nouveau le symbole qui habillera les évènements et les bâtiments des Nations Unies, dans le monde et en Haïti, afin de réaffirmer leur soutien pour avancer dans l´égalité de genre comme un élément clé et transversal de l´agenda les Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030. Les 17 Objectifs de Développement Durable représentent l´engagement d´Haïti avec ses enfants et ses petits-enfants pour un future meilleure, et les Nations Unies resteront aux côtés d´Haïti dans ce chemin.

«Tous les acteurs de la société ont la responsabilité de promouvoir l´égalité de genre aux côté des autorités nationales et locales et encouragent les efforts d´Haïti pour éradiquer la violence sexuelle et sexiste, améliorer l’accès des femmes à une éducation égalitaire, aux services de santé et à un emploi de qualité, ainsi que pour renforcer leur participation dans la vie politique, institutionnelle et économique », a conclu la Représentante spéciale du Secrétaire général.   

                                                                                                      FIN

Pour plus d´information sur la situation des femmes en Haïti, merci de consulter le document ci-dessous avec les principaux faits et données clés

 

Contact media:

José Ignacio Martín Galán, (martingalan@un.org) Responsable de communication du Bureau du DSRSG/RC/HC-Groupe de Communication des Nations Unies, tel. 509 37010336

Sophie Boutaud de la Combe, Chef du Bureau de la Communication et Porte-parole, MINUJUSTH,
boutauddelacombes@un.org –  tel. +509 37 02 90 42

 

 

 

Faits et chiffres clés sur la situation des femmes en Haïti

Des représentants des 19 agences, fonds et programmes des Nations Unies en Haïti ont été présentes pour soutenir le lancement des 16 Jours d´Activisme

Les principaux défis: la violence, l´éducation,            l´emploi, la santé et le manque de représentation dans les institutions :   

-La violence sexiste affecte au moins une femme sur quatre en Haïti

-57% de la population haïtienne a moins de 24 ans (6,2 sur 10,9 millions d’habitants) et cette caractéristique renferme un grand potentiel de développement et de croissance économique si les jeunes (incluant les jeunes filles) ont accès à une bonne éducation, aux services de santé, notamment la santé sexuelle et reproductive, et aux opportunités d´emploi. Néanmoins, investir dans les droits des jeunes filles pour leur permettre de recevoir une bonne éducation et de planifier leur famille comme elles le souhaitent est indispensable pour profiter de ce potentiel de croissance et pour que l´Etat soit en mesure de faciliter les services de base à la population.  Pour la croissance économique et pour le développement d´Haïti, il est très important que chaque jeune fille ait le droit de contrôler son corps et son avenir. Une grossesse par choix, et non pas par hasard. Aujourd´hui, en Haïti, 11% des adolescentes (moins des 19 ans) ont eu au moins un enfant.

-La précarité de l´emploi est l’un des éléments qui a contribué à une féminisation de la pauvreté en Haïti, puisque les femmes reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes, travaillent plus dans le secteur informel, sans droit à la sécurité sociale (55,9%), et sont moins représentées dans les emplois formels (30%). Il est en effet crucial de promouvoir le partage des responsabilités dans le ménage et la famille et de valoriser les travaux domestiques non rémunérés.

-Par ailleurs, le niveau d’éducation faible affecte les femmes de manière prédominante et est l’un des facteurs qui explique leur entrée précoce et sans qualification sur le marché du travail. Ainsi, l´ONU encourage aussi les efforts d´Haïti pour avancer dans l’accès égalitaire des femmes et l´intégration dans les curriculums de l´égalité et la transformation des stéréotypes, dans l´éducation formelle et non formelle, en introduisant aussi l´égalité de genre dans les manuels et la formation du professorat. Dans l’enseignement primaire et secondaire on note une parité des sexes depuis 2000. Au niveau secondaire la scolarisation des filles dépasse également celle des garçons. Cependant, l’inégalité devient plus évidente en ce qui concerne les personnes ayant atteint des études supérieures (6,1% pour les femmes de 35 à 39 ans, tandis que 11,8% pour les hommes).

-En matière de santé, en Haïti la proportion des femmes dont l´accouchement a été assisté par un personnel de santé qualifié a augmenté depuis 2006 (de 24,2% en 2000 à 37,3% en 2013). Néanmoins, presque deux tiers des accouchements se font encore sans assistance qualifiée (notamment dans les régions rurales) et le taux de mortalité maternelle était parmi les plus élevés de la région d’Amérique Latine et Caraïbes, avec 157 pour 100.000 en 2013. Cette situation est aussi liée à la santé de la reproduction. Même si 99% des haïtiens connaissent la contraception moderne, son utilisation a seulement augmenté de 22% en 2000 à 31% en 2012.

-Les Nations Unies soutiennent Haïti dans des réformes visant à donner aux femmes les mêmes droits aux ressources économiques, ainsi qu’à l’accès à la propriété et au contrôle des terres et d’autres formes de propriété, aux services financiers, à l’héritage et aux ressources naturelles. En Haïti, 71% des femmes ne possèdent ni terre, ni maison; 20% possèdent un bien conjointement, et seulement 9% sont propriétaires.

 

-Les Nations Unies appuient les institutions judiciaires pour mettre fin au phénomène de la détention préventive prolongée qui est encore plus important pour les femmes que pour les hommes. Alors que 33% des hommes emprisonnés ont été jugés (2777 sur 8184) seulement 17% des femmes en détention ont été jugées soit 62 sur 350. 

 

-Alors que la Constitution requiert un quota d’au moins 30% de femmes dans les institutions étatiques les femmes ne parviennent toujours pas à jouir d’une bonne représentation dans les sphères de pouvoirs et de décision. Au contraire, la représentation féminine tend à régresser dans ces domaines. Pour l’ensemble du Parlement haïtien, la représentation féminine reste en dessous de 3 % en 2017 (2,72% pour les deux chambres), alors qu’on n’y avait pas moins de 9 % de femmes en 2003.  L'élection de femmes au sein des conseils municipaux et locaux et au sein des différentes assemblées, en nombre suffisant pour répondre à cette exigence constitutionnelle, pourrait créer une base solide à partir de laquelle pourra être bâtie la participation future des femmes au niveau national

-Les Nations Unies reconnaissent et soutiennent les efforts d´Haïti pour l'adoption et la promulgation du projet de loi sur l'égalité des sexes ainsi que la mise en application du Plan National d’Égalité Femmes-Hommes et du Plan National de Lutte contre la violence faite aux Femmes 2017-2027.

-Pour finir, les Nations Unies en Haïti saluent également la ratification des instruments légaux internationaux en faveur de l´égalité des sexes, tels que la convention CEDEF (CEDAWet encouragent l´application des dispositions législatives déjà initiées par le parlement et le gouvernement d´Haïti, notamment « La loi sur la paternité, la maternité et la filiation », « La loi sur les conditions du travail domestique », le « Projet de loi-cadre sur la prévention, la sanction et l´élimination des violences faites aux femmes et aux filles » et le quota de genre de 30% minimum au Parlement prévu par la Constitution de 1987.

 

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