L´ONU rappelle que la violence basée sur le genre affecte une femme sur quatre en Haïti et que le risque a augmenté pour les affectées par Matthew

-Les 16 Jours d´Activisme contre la violence basée sur le genre commencent avec la journée du 25 novembre autour du thème « Patisipasyon fanm=Ayiti djanm »

Hurricane Matthew Jeremie Les Cayes46% des familles affectées par Matthew en Haïti ont une femme comme chef de ménage.

 

 

Port-au-Prince, le 24 novembre 2016- À l´occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, l´équipe des Nations Unies en Haïti lance demain 25 novembre les 16 jours d´activisme contre la violence basée sur le genre en soutenant le Ministère à la Condition Féminine et en annonçant un programme d´activités qui invite à la réflexion sur le rôle des femmes comme acteurs clés du développement. L´ONU appelle également au financement des efforts pour l´autonomisation et les droits de femmes, puisque les pays qui investissent dans l´amélioration de la situation sociale et économique des femmes deviennent plus prospères.

Cette année, la campagne accorde une attention particulière aux femmes affectées par l´Ouragan Matthew, dans un contexte post-désastre naturel qui selon les experts augmente les risques de cas de violence basée sur le genre et diminue l´accès des femmes aux services de base, tels que les soins de santé maternelle et la santé sexuelle et reproductive. La vulnérabilité et la dépendance des femmes et des filles sont alors exacerbées, les exposant davantage aux risques des violences sexuelles et de trafic.

Parmi les 1,4 million de personnes les plus touchées par Matthew en Haïti, environ 200.000 femmes nécessitent des services de protection urgemment. Mais les femmes ne sont pas simplement des bénéficiaires de la réponse humanitaire après Matthew, puisqu´elles jouent aussi un rôle essentiel dans la récupération sociale et économique des zones du Sud et de la Grand ´Anse, où  40% des familles affectées par l´ouragan ont une femme comme chef de ménage.  

Autour du thème international « Orangez le Monde » et du message en créole « Patisipasyon fanm=Ayiti djanm », le calendrier des 16 Jours d´Activisme se focalise notamment sur cinq journées clés : le 25 novembre (Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes), le 1er décembre (Journée mondiale de lutte contre le Sida), le 3 décembre (Journée internationale des personnes vivant avec un handicap), le 5 décembre (Journée internationale des volontaires) et le 10 décembre (Journée mondiale des droits humains).  

La campagne propose plus d´une vingtaine d´activités diverses telles que des ateliers de sensibilisation, des projets artistiques (liés à la musique, la peinture et la poésie), des cliniques mobiles, un match de football d´une équipe de l´ONU avec l´équipe nationale féminine sub-16 et des actions de plaidoyer pour la santé sexuelle et reproductive, ainsi que pour la prévention des maladies telles que le Sida.

La couleur orange sera à nouveau le symbole qui habillera les évènements et bâtiments des Nations Unies, dans le monde et en Haïti, afin de réaffirmer leur soutien pour avancer dans l´égalité de genre comme un élément clé et transversal de l´agenda des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, et en particulier pour l’atteinte de l´ODD numéro 5 : « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ».    

L’équipe des Nations Unies en Haïti rappelle que tous les acteurs sociaux ont la responsabilité  de promouvoir l´égalité de genre et encourage les efforts d´Haïti pour éradiquer la violence sexuelle et sexiste, améliorer l’accès des femmes à une éducation égalitaire, aux services de santé et à un emploi de qualité, ainsi que pour renforcer leur participation dans la vie politique, institutionnelle et économique

 

Les principaux défis: l´éducation, l´emploi, la santé et le manque de représentation dans les institutions  

57% de la population haïtienne a moins de 24 ans (6,2 sur 10,9 millions d’habitants) et cette caractéristique renferme un grand potentiel de développement et de croissance économique si les jeunes (incluant les jeunes filles) ont accès à une bonne éducation, aux services de santé, notamment la santé sexuelle et reproductive, et aux opportunités d´emploi. Néanmoins, investir dans les droits des jeunes filles pour leur permettre de recevoir une bonne éducation et de planifier leur famille comme elles le souhaitent est indispensable pour profiter de ce potentiel de croissance et pour que l´Etat soit en mesure de faciliter les services de base à la population.  Pour la croissance économique et pour le développement d´Haïti, il est très important que chaque jeune fille ait le droit de contrôler son corps et son avenir. Une grossesse par choix, et non pas par hasard. Aujourd´hui, en Haïti, 11% des adolescentes (moins des 19 ans) ont eu au moins un enfant.

La précarité de l´emploi est l’un des éléments qui a contribué à une féminisation de la pauvreté en Haïti, puisque les femmes reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes, travaillent plus dans le secteur informel, sans droit à la sécurité sociale (55,9%), et sont moins représentées dans les emplois formels (30%). Il est en effet crucial de promouvoir le partage des responsabilités dans le ménage et la famille et de valoriser les travaux domestiques non rémunérés.

Par ailleurs, le niveau d’éducation faible affecte les femmes de manière prédominante et est l’un des facteurs qui explique leur entrée précoce et sans qualification sur le marché du travail. Ainsi, l´ONU encourage aussi les efforts d´Haïti pour avancer dans l’accès égalitaire des femmes et l´intégration dans les curriculums de l´égalité et la transformation des stéréotypes, dans l´éducation formelle et non formelle, en introduisant aussi l´égalité de genre dans les manuels et la formation du professorat. Dans l’enseignement primaire et secondaire on note une parité des sexes depuis 2000. Au niveau secondaire la scolarisation des filles dépasse également celle des garçons. Cependant, l’inégalité devient plus évidente en ce qui concerne les personnes ayant atteint des études supérieures (6,1% pour les femmes de 35 à 39 ans, tandis que 11,8% pour les hommes).

En matière de santé, en Haïti la proportion des femmes dont l´accouchement a été assisté par un personnel de santé qualifié a augmenté depuis 2006 (de 24,2% en 2000 à 37,3% en 2013). Néanmoins, presque deux tiers des accouchements se font encore sans assistance qualifiée (notamment dans les régions rurales) et le taux de mortalité maternelle était parmi les plus élevés de la région d’Amérique Latine et Caraïbes, avec 157 pour 100.000 en 2013. Cette situation est aussi liée à la santé de la reproduction. Même si 99% des haïtiens connaissent la contraception moderne, son utilisation a seulement augmenté de 22% en 2000 à 31% en 2012.

Les Nations Unies soutiennent aussi Haïti dans des réformes visant à donner aux femmes les mêmes droits aux ressources économiques, ainsi qu’à l’accès à la propriété et au contrôle des terres et d’autres formes de propriété, aux services financiers, à l’héritage et aux ressources naturelles. En Haïti, 71% des femmes ne possèdent ni terre, ni maison; 20% possèdent un bien conjointement, et seulement 9% sont propriétaires.

Pour finir, les Nations Unies en Haïti saluent la ratification des instruments légaux internationaux en faveur de l´égalité des sexes, tels que la convention CEDEF (CEDAW)  et encouragent l´application des dispositions législatives déjà initiées par le parlement et le gouvernement d´Haïti, notamment « La loi sur la paternité, la maternité et la filiation », « La loi sur les conditions du travail domestique », le « Projet de loi-cadre sur la prévention, la sanction et l´élimination des violences faites aux femmes et aux filles » et le quota de genre de 30% minimum prévu dans la Constitution de 1087. Aujourd’hui, Haïti reste l´un des six pays au monde dont les deux chambres parlementaires (le Sénat et la Chambre des députés) n’ont pas de représentation féminine.  

 

Pour plus d’information, merci de contacter:

José Ignacio Martín Galán, (martingalan@un.org) Responsable de communication du Bureau du DSRSG/RC/HC-Groupe de Communication des Nations Unies, tel. 509 37010336

Ariane Quantier (quentier@un.org) Porte-parole, MINUSTAH

 

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