L'ONU appelle à la lutte contre la désertification pour renforcer la résilience d´Haiti et la prévention des risques

La désertification est un des défis en HaïtiLa désertification est un des défis en Haïti. Logan Abasi/MINUSTAH

Les Nations Unies célèbrent la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse en reconnaissant les efforts des institutions haïtiennes visant à augmenter les zones protégées et appellent à la recherche d’alternatives durables permettant d´arrêter les pratiques qui favorisent l´érosion du sol, telles que l´abattage des arbres. Par ailleurs, les Nations Unies soulignent que les femmes sont encore une fois les plus affectées par la détérioration de l´environnement et par ses conséquences en Haïti.   

 

Port-au-Prince, le 17 juin 2016- À l´occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse célébrée le 17 juin, les Nations Unies en Haïti réitèrent leur soutien au pays dans ses engagements visant à augmenter les bonnes pratiques environnementales et agricoles capables de freiner la désertification accélérée, à travers les Objectifs de Développement Durable (ODD) à l´Horizon 2030 et à l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Selon l´ONU, ces objectifs sont cruciaux pour renforcer la résilience des Haïtiens par une meilleure gestion des ressources et l´adaptation aux phénomènes naturels. Cette année, la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse a pour thème : « Protéger la Terre. Remettre les sols en état. Mobiliser les populations ».

Les experts des Nations Unies en Haïti mettent l’accent sur le fait qu’une gestion et une protection responsable de l´environnement au niveau institutionnel et communautaire, ainsi que l´aménagement du territoire, sont indispensables pour le développement économique et social d´Haïti. En effet, l´exploitation non durable des écosystèmes terrestres affaiblisse les alternatives économiques (notamment le tourisme, l´agriculture, la pêche et l´énergie) aggravent les risques de pauvreté extrême. Ces facteurs sont interdépendants avec les déficiences des systèmes d’accès à l´eau et à l´assainissement, et ont aussi un impact sur le risque de maladies hydriques.  

La déforestation est l’un des problèmes qui préoccupent le plus les experts des Nations Unies, puisqu´elle accélère l´érosion du sol et la baisse de la pluviométrie, facteurs liés aux 3 années de sécheresse exacerbées par le phénomène El Niño et par le changement climatique. La conséquence est une densification accélérée. Cette situation a entrainé la perte de jusqu´à 70% des récoltes, l´augmentation des prix des produits alimentaires de base et le manque d’opportunités de travail dans le secteur agricole, ainsi que l´augmentation du nombre de personnes en insécurité alimentaire en Haïti (3,6 millions dont 1,5 million souffrant d’insécurité alimentaire sévère). Cette dégradation réduit aussi l´accès à l´eau dans un pays où 42% de la population haïtienne n´a toujours pas un accès sûr à l´eau potable et 72% ne disposent pas d´assainissement adéquat. La couverture végétale est très faible, même si le manque de données actualisées ne permet pas d’en déterminer avec exactitude le taux. L’un des facteurs qui contribuent à la déforestation est l´abattage d´arbres pour la production de charbon, qui en 2012 était utilisé dans 92% des ménages haïtiens pour la cuisson. Selon la FAO, 10.000 sacs de charbon sont consommés par jour dans le pays. De plus, l´érosion des sols augmente singulièrement la vulnérabilité des populations aux catastrophes naturelles, notamment aux cyclones, aux intempéries et aux séismes. 

Encore une fois, les études des Nations Unies alertent sur le fait que les femmes et les ménages les plus pauvres sont affectés de manière disproportionnée par la dégradation de l´environnement, notamment les ménages en milieu rural ayant une femme comme chef de ménage, puisqu´ils souffrent en priorité de la baisse des rendements agricoles causés par les conséquences de la déforestation.

En réponse, les Nations Unies encouragent les efforts nationaux vers l´efficience des moyens production, la  conservation des ressources naturelles et la restauration des terres dégradées à travers de meilleures pratiques agroforestières, environnementales et agro-écologiques, ainsi que la conservation des variétés locales. 

 

José Ignacio Martín Galán (martingalan@un.org) Bureau du DSRSG/RC/HC et Groupe de Communication des Nations Unies, tel. 509 37010336

Sophie Boutaud de la Combe : (boutauddelacombes@un.org) Porte-parole et chef adjointe de la communication, MINUSTAH

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