180 Organisations Communautaires de Base d’Haïti renforcent le dialogue pour le développement durable

IMG_3137Ateliers pendant le premier Symposium National d´Organisations Communautaires de Base appuyé par la MINUSTAH le 31 mai.

 

Le premier Symposium National d´Organisations Communautaires de Base, appuyé par la MINUSTAH, a facilité dans les 10 départements du pays un espace de partenariat avec les autorités nationales et locales, les différentes agences de l´ONU et les organisations de la société civile

 

«Les organisations communautaires de base sont au cœur de la communauté. Ce sont elles qui savent le mieux quels sont les enjeux et comment les résoudre. Leur rôle est clé pour le développement durable et pour le progrès social, économique et intellectuel du pays. Si nous travaillons en réseau, ça nous permettra de partager les problèmes et les solutions pour arriver à faire avancer les choses ». C'est le point de vue de Sharline Dubuisson, une des 60 représentants de 180 organisations provenant des dix départements d´Haïti qui ont participé au premier Symposium National d´Organisations Communautaires de Base, célébré à Montrouis du 31 mai au 2 juin avec l’appui des Nations Unies. Le but de tout ce travail selon Mme Dubuisson est de renforcer le travail en réseau pour la promotion du développement des collectivités territoriales.

Ce symposium couronne deux années de travail pour le renforcement des capacités de la société civile dans le cadre d´un programme appuyé par la section des affaires civiles de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), avec le leadership du Bureau du Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire de l´ONU en Haïti, et en collaboration avec le Groupe d´Action Francophone pour l´Environnement (GAFE) et Caritas.

Certains experts des  agences de l´ONU telles que l’OHCHR, le PNUD et l’ONU-Habitat ont été présents, avec pour objectif de construire sur les acquis de ce projet et de renforcer les synergies pour un dialogue et une collaboration continus avec la société civile haïtienne, notamment avec le nouveau réseau de 180 organisations communautaires de base nommé le Réseau national des organisations communautaires de base en Haïti (ROCBaH).  

Le programme qui culmine avec ce symposium national a été focalisé depuis 2013 sur le renforcement de compétences et des formations dans des domaines tels que la gestion d´associations, la coordination des réseaux de la société civile, la gestion de projets, le plaidoyer, la mobilisation de ressources, le dialogue constructif, la non-violence, et le nouveau cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD). La phase finale du programme (entièrement financé par la MINUSTAH à hauteur de $US 81,000) a été entamée en 2016 avec 12 ateliers décentralisés pour remobiliser les 180 organisations communautaires participantes, ainsi que sélectionner de façon collective les délégués qui ont représenté tous les départements au symposium national. L´objectif : établir des synergies de collaboration pour s’organiser et participer activement comme acteurs crédibles pour la résolution de conflits, la cohésion sociale, la défense des droits de l´homme et le développement.

À cet égard, Jean Bayard Bien Aimé, spécialiste nationale de la section des Affaires Civiles de la MINUSTAH, a précisé que le programme est né en 2013 suite à un diagnostic qui a conclu que le renforcement des organisations communautaires de base est « indispensable » pour mieux avancer dans la stabilité et le développement du pays. Ainsi, l’objectif principal du projet est de « fournir aux organisations communautaires de base des capacités managériales, de plaidoyer et de communication, en collaboration avec les autorités locales, pour mieux répondre à leurs besoins spécifiques, pour accompagner la population et pour être des partenaires crédibles et redevables pour faire avancer le développement dans leurs communautés. Ces organisations ont un rôle essentiel comme contre-pouvoir capable de suivre et de participer aux processus de prise de décision qui affectent la vie de leurs communautés».     

Haïti s’est donné comme objectif de devenir un pays émergent d´ici 2030, et le Coordonnateur résident des Nations Unies en Haïti, M. El-Mostafa Benlamlih, a réitéré que l’ONU continuera à appuyer Haïti dans ce chemin, dans lequel les organisations communautaires de base ont un rôle important à jouer pour prendre en charge leur propre développement. 

 

IMG_3104180 Organisations Communautaires de Base et differentes agences de l´ONU ont participé au symposium appuyé par la MINUSTAH.

 

«Les organisations communautaires de base ont un rôle crucial pour le développement, puisque se sont les acteurs qui connaissent le mieux les problèmes de la population». 

Olivier Hidalgo est spécialiste en Gouvernance locale au Programme des Nations Unies pour le Développement et a participé au symposium du 31 mai afin de trouver des opportunités de collaboration avec les organisations communautaires de base. À son avis, ces types d´initiatives sont cruciaux pour impulser le développement.  «D’un côté, ce processus est extrêmement intéressant pour les organisations, pour se connaitre, partager les bonnes expériences,  et les mauvaises aussi.Pour le PNUD c’est extrêmement important aussi de mieux connaitre ces organisations communautaires de base pour pouvoir les accompagner, puisque ces organisations ont un rôle crucial pour le développement et sont les acteurs les mieux connectés avec la population. C’est indispensable que ces organisations puissent intervenir au niveau local et national pour avancer leur propre développement avec un rapprochement avec les autorités haïtiennes». 

Pour sa part, Jean Luis Rouvens,  spécialiste au Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH)/Section de droits de l´homme de la MINUSTAH en Haïti, a souligné que travailler étroitement avec les organisations communautaires de base est fondamental « afin d´assurer une approche du respect des droits humains dans tout type d´activité de développement dans les communautés, ce qui permet de prévenir des projets qui font preuve de discrimination ou d’exclusion. Les organisations communautaires sont des acteurs de contrôle et de dialogue avec les institutions de l´État ».

La perspective de M. Rouvens est similaire à celle d´Oloferne Édouard, technicien d’ONU-Habitat : «Ce symposium et ce réseau d’organisations sont une opportunité pour le dialogue, l’accès à l’information et la communication. Haïti fait face à des défis complexes, et pourtant Haïti a besoin que la population, les autorités et les partenaires puissent dialoguer ensemble, réfléchir ensemble, trouver des solutions ensemble et agir, aussi ensemble».

Dans cette quête de solutions conjointes, les organisations travaillant avec les personnes avec handicap ont également eu l’occasion de souligner pendant le symposium que le vrai développement ne doit laisser personne à l´écart. M. Wanito Mondésir, travaille pour la Société Saint-Marcquoise d’Aide aux Démunis Physiques (Somasadephy). «En tant que personnes vivant avec un handicap, un des défis que je côtoie est le problème d´accessibilité et que les personnes ou autorités qui doivent nous accompagner ne comprennent pas encore la logique du problème. Si nous travaillons avec les autres organisations, on va tous mieux comprendre la problématique et alors on va avoir, je l´espère, un meilleur demain pour les personnes vivant avec handicap et pour la société haïtienne en général ».  

Rédaction, José Ignacio Martín Galán

Pour connaitre les organisations du réseau RocbaH…. 

Pour plus d´information, merci de contacter: José Ignacio Martín Galán martingalan@un.org